La lutte contre la mérule à la traîne - 22/05/2024

Alors que la loi Alur, créée il y a 10 ans, mettait en place l’information risque mérule, la présence de ce champignon lignivore reste sous-estimée et peu prise en compte.

Peu d’arrêtés mérules

Selon la loi Alur, un propriétaire doit déclarer à la mairie l’infestation d’un logement par la mérule. La commune transmet ensuite l’information à la préfecture qui prend un arrêté délimitant la zone à risque d’infestation. Pourtant, les dernières cartographies publiées par le Cerema montrent que très peu d’arrêtés ont été pris. Dans certains départements infestés comme le Nord, le Pas-de-Calais, le Calvados, l’Ille-et-Vilaine ou encore la Manche, il n’y a aucun arrêté pris. Dans d’autres départements, les zones à risque d’infestation sont limitées à quelques communes ou parcelles alors que la mérule est très présente. Le champignon est pourtant de plus en plus présent en France. La rénovation énergétique, en augmentant l’étanchéité à l’air des logements, peut en particulier créer des conditions favorables à son développement.

De nombreux blocages à lever

La loi Alur peine donc à être mise en pratique. Il peut en effet être difficile pour un propriétaire de reconnaître la mérule. Informer sa commune qu’on est propriétaire d’un bien infesté, c’est de plus voir la valeur de ce bien baisser. De nombreux propriétaires rechignent donc à déclarer une infestation de mérule. Cette réticence est parfois partagée par les élus locaux qui tardent à informer la préfecture de crainte de voir le marché immobilier affecté dans leur ville. Pour l’instant, le gouvernement a refusé les demandes réitérées de certains parlementaires réclamant un diagnostic mérule à l’image du diagnostic termites. Selon le ministère du Logement, la fiabilité du diagnostic mérule nécessiterait en effet des sondages destructifs peu envisageables dans le cadre d’une vente immobilière.


« Retour aux actualités